2014 - La ligne claire, Brive

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Oeuvres de la collection du FRAC Limousin  Fabrice Cotinat, Georg Ettl, Richard Fauguet, Alain Sechas

Expo du 11 avril au 1er juin 2014

Vernissage jeudi 10 avril à 18h

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  • Georg Ettl, Plaque Le Baiser, 1998 Tôle émaillée, diamètre: 50 cm
    Collection FRAC Limousin / © DR
  • Fabrice Cotinat, Plaque Le Baiser, 1994 – 2005 Capteurs solaires, crayon marqueur,matériaux électroniques
    Collection FRAC Limousin / © DR
  • Richard Fauguet, Sans titre, 2002 Ensemble de 45 planches de bande dessinée retouchées.Papier imprimé, correcteur fluide, stylo bille
    Collection FRAC Limousin / © R. Fauguet

Pour cette première exposition d’œuvres du FRAC Limousin au Garage, moteur d’art contemporain de Brive, nous avons souhaité présenter une trentaine d’œuvres de quatre artistes de génération différente, Georg Ettl, Alain Séchas, Richard Fauguet et Fabrice Cotinat, autour des relations entre dessin et sculpture.
L’expression « ligne claire » est empruntée à la bande dessinée. Elle fut forgée en 1977 à Rotterdam par le dessinateur hollandais Joost Swarte à la suite d’une exposition consacrée à Hergé. Elle désigne un langage graphique caractérisé par un trait d’encre simple et régulier, de largeur égale, et des aplats de couleurs. Chaque élément se trouve décrit de façon isolée par son encerclement et devient extrêmement lisible. D’après les historiens de l’image, les origines de la ligne claire remontent à la fabrication des vitraux et sont également liées aux techniques de la gravure. Transposée dans le champ des arts visuels, elle permet d’appréhender un ensemble d’œuvres réunies autour des notions d’impact et de lisibilité.
C’est cette volonté de lisibilité qui a incité Georg Ettl (né en Bavière en 1940) à élaborer un langage artistique d’une grande concision. « Ses dessins au trait, d’une précision industrielle, semblent filtrés au tamis d’un programme plastique alliant l’abandon du détail, la forme définie « une fois pour toutes » et la clôture par une ligne ». Après avoir tenté de renouer le dialogue avec l’architecture par de nombreux projets dans l’espace construit (vitraux, fresques, dessins muraux, reliefs, dans des espaces publics, privés ou religieux), l’artiste a produit des objets en série sous le label « Atelier Ettl », manifestant ainsi son intérêt pour intégrer l’art à la vie quotidienne et « améliorer le monde visible », même à l’échelle domestique.
Richard Fauguet (né en 1963) dessine beaucoup. On trouve dans ses carnets des idées de sculptures et des expériences graphiques de toute sorte : esquisses, collages, frottages, etc. qu’il va ensuite déployer dans l’espace avec des moyens plastiques d’une grande efficacité. Le tipex, les globes et autres balles de ping-pong, ou encore l’adhésif coloré (type vénilia) font partie de ses outils plastiques favoris qui lui permettent de renouveler la vision de certaines images (par exemple, une histoire de la sculpture réduite à une série de silhouettes).
Fabrice Cotinat (né en 1968) est spécialiste de robotique et d’électronique. Il a réalisé peu d’œuvres à titre personnel, préférant collaborer à des projets collectifs, notamment avec « la galerie du cartable ». Son ingéniosité et son goût du bricolage l’ont conduit à produire « Confusion », une œuvre robotisée qui tente de reproduire des dessins choisis dans l’histoire de l’art et de l’architecture. Beaucoup plus lentement que n’importe quel scanner ou photocopieur – et c’est ce rythme lent qui donne tout son sens à l’œuvre - le petit robot équipé d’un marqueur surligne les lignes du dessin jusqu’à ce qu’il rencontre un angle droit.
Par la présentation de plusieurs œuvres d’un artiste – c’est un des atouts des collections réunies par le FRAC Limousin – l’exposition permet d’approcher la singularité de chaque démarche. Certains points communs jaillissent avec fulgurance (l’impact visuel, la silhouette et le contour, la simplification) et les traits d’humour sont très présents dans l’exposition. On trouve ainsi une fameuse sculpture de Séchas reprise en silhouette par Fauguet. Des différences s’affirment cependant qui font de « la ligne claire » une véritable discussion entre artistes par œuvres interposées.

Yannick Miloux.