Tim Maul

Shelf Performance                                              

1974 - 2017                                                                                                                                        
8 C-print                                                                                                                                              
28 x 36 cm (chaque)                                                                                                                      
Collection FRAC Limousin (inv. 201916)                                                                                      
© Tim Maul

Sixteenth Street Pastoral

1978-2017
C-print, 9 images, édition de 3 exemplaires
28 x 36 cm (chaque)
Collection Artothèque du Limousin
© Tim Maul

 

Tim Maul oeuvres

Une coïncidence troublante eut lieu l’année dernière, au mois de juin, en deux jours successifs. Sans se concerter, deux membres des comités techniques d’achat du FRAC et de l’Artothèque, proposèrent deux œuvres des années 1970 de l’artiste américain Tim Maul. Les deux comités approuvèrent cette idée, tant ces propositions semblaient opportunes pour nos collections.

L’itinéraire de Tim Maul, né en 1951, à Stamford, débute par des études à la New York School of Visual Arts, où il enseigne d’ailleurs aujourd’hui, dont il sort avec un diplôme de peintre en 1973. Sitôt diplômé, il abandonne la peinture pour la photographie. Il s’en explique: «J’étais familier des media autour de l’art conceptuel et narratif, de l’Arte Povera, et des images résiduelles générées par la performance, les artistes du land art et du body art. La photographie avait un travail à faire et était au service d’une idée, pour reprendre les mots de Duchamp. Les photographies étaient « faites » plutôt que « prises ». J’ai acheté une caméra bon marché et j’ai produit des projets en appartement… »(1)
A l’époque, il devient l’assistant de Davidson Gigliotti, un pionnier de l’art vidéo, collabore avec Jean Dupuy pour une série de performances en 1975 et 1981, et avec beaucoup d’autres artistes, tout en écrivant pour la presse spécialisée des articles sur la musique et la vidéo.
C’est à cette période qu’il réalise les deux œuvres dont il est ici question : deux grilles photographiques réalisées en appartement. La première, « Shelf Performance », datée 1974, consiste en une série de huit images noir et blanc cadrées sur une étagère murale où des objets ont été posés ou sont manipulés sous une lumière latérale prononcée et selon un rythme irrégulier.
La seconde, « Sixteen Street Pastoral » date de 1978 – son titre renvoie à l’adresse de l’artiste – est organisée selon une grille de 3x3 images en couleur qui cadrent différemment le même tableau de paysage accroché au mur de son appartement. Outre la modulation des reflets, on observe de grandes différences de lumière ambiante – du blanc au gris, des nuances de bleu, un rose saturé, un jaune électrique – qui semblent contaminer les couleurs du tableau lui-même. On note aussi les légères différences de cadrage soulignées par la mise en abyme du cadre du tableau dans le cadre de la photo, un fragment d’objet (ou de corps) dans le champ, jusqu’à la dernière image, en bas à droite, qui interrompt brutalement la pseudo stabilité de l’ensemble. On pourrait presque imaginer l’artiste chutant sur l’œuvre au moment de la prise de vue.
Ces deux œuvres des années 1970 correspondent à l’époque où l’artiste « s’intéresse principalement aux relations entre une personne et les objets qui l’entourent constamment, en particulier dans un espace restreint ». (2) Elles renvoient au contexte de l’art conceptuel et narratif de l’époque, que l’artiste connaît bien. Les parentés de cet usage de la photographie instantanée (snapshot) d’objets domestiques et leur présentation en grilles, en séquences plus ou moins narratives sont nombreuses, aussi bien chez William Wegman que Douglas Huebler, chez Peter Hutchinson ou Bas Jan Ader, par exemple (3). On peut y déceler l’amateurisme revendiqué de la prise de vue et la domesticité revue et corrigée par « le regard du touriste ». Dans les années 1980, Tim Maul entamera une longue série de photographies de fenêtres avec rideaux prises dans des chambres d’hôtel où il séjourna, à Paris, en Irlande, en Belgique, etc , publiée au milieu des années 1990 sous le titre de « Cultured Tourist » (le touriste cultivé). Il faut également mentionner, comme un trait saillant de son caractère, son habitude de photographier en toute discrétion la maison de son enfance à chacune de ses visites familiales, et ceci pendant de nombreuses années.
Plus tard, au début des années 1990, l’artiste également féru de sciences occultes, organisa une promenade avec un medium dans les rues du Lower Manhattan pour y photographier les lieux « hantés ». Cette longue série de 57 tirages, « Traces and Presence », fut acquise par le MNAM Centre Pompidou.
La réception du travail de l’artiste en France a débuté en 2005 à la galerie Florence Loewy (Paris) où il présenta une séquence photographique réalisée dans sa ville natale avec son ami d’enfance Gus Van Sant (4). Quelques années plus tard, une conversation sur l’influence des livres d’artistes dans le contexte new-yorkais des années 1970 fut à l’origine d’une exposition, « Looks Matter », en 2012, où étaient associés les livres d’artistes de John Baldessari, William Wegman, Vito Acconci, Sol LeWitt, Allen Ruppersberg, Ed Ruscha, Richard Prince, Lawrence Weiner, avec leurs comparses européens Richard Long, Richard Hamilton, Sophie Calle, Jean Le Gac, Annette Messager, Christian Boltanski (5).
Depuis les années 1980, la démarche de Tim Maul a évolué vers des créations de photographies uniques, toujours en quête de l’intersection entre perception et imagination, du sens caché des « choses entre les choses que nous voyons » (6). Tim Maul, limpide, résume ainsi sa position: « J’ai privilégié l’habitude par rapport au spontané, le détachement plutôt que l’engagement, et j’ai adopté l’attitude touristique, même dans mon propre environnement. »(7)

Yannick Miloux.

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